Yacinth

Yacinth

Ma Devon

Mon rêve serait d'avoir un devon rex - mâle ou femelle - et dans ce but j'économisais,

Il y a quelques années, j'étais presque sur le point de pouvoir me l'offrir, quand j'ai fais une rencontre, A l'époque, déjà - Certaines le savent - je nourrissais les minous de mon quartier et quand je le pouvais, ils étaient opérés, vaccinés... Il y avait les habitués, comme Matou et ceux qui apparaissaient et disparaissaient d'un jour à l'autre, 

imageedit_24_9405748543--1-.jpg

Devon

Un soir, très tard, elle est apparue devant moi et au contraire des petits sauvageons, elle ne sait pas enfuie à mon appel,

C'était comme une évidence, comme des retrouvailles, j'en avais le cœur tout chamboulé. J'avais le sentiment qu'elle me revenait, A ce moment, j'avais conscience que je devrais renoncer à mon rêve, mais je m'en fichais comme de mes premiers langes, 

Quand j'ai entendu du balcon "Bon, vous remontez toutes les deux?" j'ai explosée de... Je dirais bien de joie, mais je n'explique pas pourquoi, je n'arrivais plus à contrôler mes larmes et j'en avais mal au ventre,
J'ai mis la litière du balcon, un coussin, le deuxième arbre à chat, des petites gamelles, des jouets dans une chambre, J'ai aussi acheté du felyway - vite remplacé par du bicarbonate, bien plus efficace - Et j'ai commencé la période d'adaptation, Tout se passait au mieux, c'était en bonne voie, On ne lui donnait pas plus de cinq mois, elle était si menue, si petite,
Et puis, je me suis aperçue qu'elle se tétait, Alors direction le dispensaire, Il était encore temps d'interrompre sa gestation et de l'avis du véto, la mener à terme était très risqué, Elle souffrait de rachitisme, mais son poids permettait de pratiquer l'opération et de la stériliser dans la foulée, Alors, j'ai donné mon accord,
J'ai de suite compris, au pincement de lèvres de l'assistante, lorsque je suis venue pour la reprendre,
J'ai laissé ses cendres voler à l'endroit de notre rencontre, Puis j'ai brisé son urne jusqu'en obtenir de petits éclats et suis allée les semer dans les graviers qui recouvraient la tombe d'une dame qui aimait beaucoup les chats, 

imageedit_3_8570735754--1-.jpg

Devon avait environ quinze mois, elle était toute noire avec une petite tâche blanche sur le poitrail que l'on dit de chance,
Toutes mes économies sont passées dans les frais, mais je ne le regrette pas, Ce qui m'a rendu amère, c'est que c'était le second chat noir dont j'ai été brutalement séparée,
J'en étais venue à me dire et j'en suis toujours convaincue, que je leur porte malheur, 
Comme chaque fois que j'ai économisé dans le but de m'offrir un Devon, j'ai fini par dépenser cet argent pour des chats dans la détresse, je me suis dis que c'était signe que je devais y renoncer, 
Il est vrai que ce sont des chats fragiles et mon appart est mal isolé, mal chauffé l'hiver, un vrai four l'été, Pas l'idéal pour son bien-être, 
Et puis, je sais que je donnerai toujours la priorité à un chat sans foyer, 
Il y en a eu des chats noirs parmi mes petits chats dits libres, Aujourd'hui, deux viennent se joindre aux autres tous les matins, 
Le plus vieux me ramène, sans cesse, au souvenirs d'Edouard, Il se nomme Grant, 
Quant à Touch - bien plus jeune - elle est bien trop costaude pour que je vois Devon en elle, 



20/03/2025